L’industrie pharmaceutique au Canada

Le Canada compte parmi les plus grands consommateurs de médicaments au monde. Pas étonnant alors que son industrie pharmaceutique soit constituée d’entreprises de recherche, de création et de vente de médicaments d’origine ou génériques. Le pays se classe 8e sur la planète au niveau des marchés pharmaceutiques et 4e marché le plus dynamique après le Brésil, la Chine et l’Espagne selon des statistiques de 2016.

La première entreprise pharmaceutique canadienne fut fondée à Toronto en 1879 par E.B. Shuttleworth. Par la suite, vers les années 1890 le gouvernement imposa des droits de douanes élevés sur les produits pharmaceutiques vendus au pays avec l’objectif de protéger les fabricants canadiens de la concurrence étrangère. Au début du 19e siècle, des sociétés comme Merck Frost (américaine), Evans and Sons, Burroughs Wellcome (britanniques) et Schering (allemande) décident d’ouvrir des succursales et des usines au Canada pour profiter des dispositions des lois canadiennes sur les droits de douane. Dans les années 1920 et 1930, l’industrie pharmaceutique au Canada connaît une croissance extraordinaire avec la production de nouveaux médicaments sophistiqués qu’il commercialise. La concentration des entreprises pharmaceutiques au Canada est située en Ontario et au Québec avec un faible pourcentage de compagnies se retrouvant dans les praires (Manitoba, Alberta Saskatchewan) et provinces Atlantiques (Iles du Prince Edouard, Nouveau Brunswick, Nouvelle-Écosse).

La structure des entreprises pharmaceutiques canadienne peut être classée comme suit :

  • – des succursales de multinationales étrangères qui fabriquent des médicaments d’origine ;
  • – les fabricants de génériques qui produisent des médicaments dont les brevets sont expirés, ou alors des médicaments non brevetables ;
  • – entreprises de biotechnologie qui travaillent à la recherche et développement de médicaments.

Le Canada est un chef de file dans le domaine de la recherche et développement. L’association Canada R&D fondée en 1914 représente plus de 50 fabricants majoritairement de multinationales étrangères de médicaments d’origine. Les compagnies qui sont innovatrices tirent d’avantage de leurs revenus de la vente de nouveaux produits de prescription protégés par brevet tandis que l’autre moitié provient de la vente de médicaments dont le brevet est échu ou alors de médicaments sans ordonnance qui se vendent à un prix plus bas que lorsqu’ils étaient brevetés – on parle ici de médicaments génériques.

En 2012, l’industrie pharmaceutique canadienne employait environ 27 000 personnes et son chiffre de ventes annuelles totalisait 21 milliards de dollars. Toujours selon les statistiques, des exportations de 7 milliards ont été répertoriés pour cette même année (2012) dont principalement aux Etats-Unis et 1,3 milliard de dollars provenait de la recherche et développement.

En général, les compagnies canadiennes sont reconnues pour la flexibilité de leur production, et leurs délais respectés. Les coûts de construction et d’exploitation étant plus bas que ceux des Etats-Unis nous amènent des multinationales comme Astra, Merck, Glaxo Wellcome et autres. Les entreprises canadiennes sont fiables et ont une bonne gestion des chaînes d’approvisionnement.

Bien que le Canada fabrique des médicaments, 29% des médicaments consommés par la population canadienne proviennent des Etats-Unis et 57% provient de l’Union européenne. Pour sa propre consommation, le Canada importe donc 86% de sa consommation d’ailleurs. Les médicaments les plus consommés par les canadiens sont bien évidemment les antidépresseurs et les médicaments traitant les troubles cardiovasculaires.